Une année sans début et sans fin

Volontariat en Bolivie
Mon année en Bolivie nʻest pas une certaine période déterminée qui débutait le 12 août 2015 en Bolivie. Elle débutait bien avant, probablement le jour où je commençais à me poser des questions au sujet dʻune année sabbatique, et est devenue plus concrète par le message de lʻorganisation Ninos de la Tierra, quʻils voulaient mʻenvoyer en Bolivie.
Comme je suis une personne qui se fait beaucoup de soucis, je me suis posé un tas de questions. Mon souci principal était la colocation. Jʻavais peur quʻen vivant avec plusieurs personnes les disputes seraient normales et quʻon ne pourrait pas sʻentendre avec tout le monde. Jʻavais bien des idées sur le pays, mais elles nʻétaient pas très concrètes et en plus, je voulais me laisser surprendre.

Quand je suis arrivée en Bolivie, tout était différent de mes attentes: le pays ne  ressemblait pas du tout aux quelques images que jʻavais en tête, bien que maintenant, je ne mʻen souviens même plus. A première vue, je croyais que cʻétait moins pauvre et moins chaotique. Et en plus, mes colocataires se montraient très sympathiques. Comme au moment de mon arrivée cʻétait la fête de la Urkupina, jʻétais absorbée par une vague de couleurs, dʻodeurs, de saveurs, de musiques,... Une de mes premières impressions de Bolivie était cette fête incroyable et cette euphorie qui laissaient disparaître mes premiers soucis.

Tout doucement, la vie quotidienne commençait et dʻautres soucis et difficultés se développaient.

La langue était pour moi au début un grand obstacle que je réussissais désormais à franchir, grâce à des cours de langues.

Après un certain temps débutait aussi le travail, qui se présentait comme une difficulté plus grande et plus inattendue pour moi. Premièrement, cʻétait difficile pour moi de supporter toute cette pauvreté à lʻécole et au village où je travaillais. Jʻétais en contact direct avec cette pauvreté grâce à mes élèves. Non seulement au travail, mais aussi dans la ville où je vivais, la pauvreté était omniprésente. Chaque jour, nous étions confrontés à des mendiants de tout âge. Mais les images qui restaient le plus longtemps dans les têtes étaient les enfants, mendiants ou dansants pour gagner des sous. Probablement cela nous touchait plus puisquʻon travaillait avec des enfants. Mais en vivant chaque jour avec cette pauvreté, jʻai aussi appris par les enfants mêmes, quʻils étaient contents et quʻils se réjouissaient des choses les plus simples. Je parie que beaucoup de Boliviens possédant moins que la plupart de nous, sont beaucoup plus heureux que des européens aisés.
Au travail, je ne comprenais pas vraiment ma fonction, mais ceci a pu se régler grâce à des entretiens avec lʻinstitutrice avec laquelle je travaillais.

Un autre obstacle qui me posais souvent des problèmes était ma santé. A la maison, on mʻavait averti quʻil fallait faire attention à lʻalimentation. Même sur place, on nous expliquait toutes les mesures de précautions à adopter. Mais même en respectant toutes ces précautions, je tombais régulièrement malade. Cʻétaient surtout les problèmes dʻestomac qui mʻembêtaient régulièrement jusquʻà la fin de mon séjour. Mais un jour, je suis tombée vraiment malade. Dʻabord jʻavais seulement de la fièvre et je croyais que ça allait passer vite, comme il nʻy avait pas de problèmes dʻestomac. Mais cette fois-ci, la fièvre ne partait pas, et pendant 2 semaines, chaque jour, jʻavais 40 degrés de fièvre. Je faisais un tas dʻanalyses, mais personne ne trouvait rien dʻanormal. Après un certain temps, le médecin me donnait simplement plusieurs antibiotiques et cela passait. Pendant ce temps, jʻai vraiment appris lʻimportance dʻune bonne santé. Toute la qualité de vie en dépend.

Rétrospectivement, je pense que tous ces obstacles étaient une épreuve. Les premiers mois étaient pour moi une période pour faire connaissance avec le pays et sa culture, avec mon travail. Lʻannée 2015 se terminait par des vacances qui marquaient une coupure entre le début de mon séjour (en tant que premier contact avec le pays et mon travail) et la vie quotidienne.

En janvier je rentrais des vacances, pleine dʻénergie, de nouvelles expériences et de motivation. Je venais de faire une partie du voyage toute seule ce qui était pour moi une expérience très importante et fortifiante. Je commençais le travail avec beaucoup dʻenvie et avec la nouvelle année commençait aussi une nouvelle année scolaire et qui allait mʻoffrir de nouvelles possibilités. Pour les nouveaux élèves je nʻétais plus un visiteur, entrant en pleine année, mais pour eux, je faisais partie du cours. La vie commençait pour moi, le travail devenait une routine et la langue commençait à devenir plus fluide.

Mes parents me rendaient visite pour Pâques. Dʻun côté, je me sentais comme sʻils venaient voir ma nouvelle vie, mais de lʻautre, je me sentais plutôt en vacances. Leur présence donnait un autre sens à mon séjour bolivien, ils mʻavaient apporté une partie de ma vie familiale du Luxembourg.

Malgré cette routine qui entrait lentement dans ma vie, la culture bolivienne me surprenait toujours. La culture, les traditions, les danses resteront pour moi toujours quelque chose dʻexceptionnel. Chaque fois que je pouvais vivre une fête, jʻétais subjuguée par cette énergie, les couleurs, les danses,...

Lentement la fin de mon séjour approchait, mais je trouve que plus le temps passait, plus beaux devenaient les moments, plus profondes les amitiés, le contact avec les personnes. Jʻai eu la possibilité de réaliser, grâce au soutien financier dʻamis luxembourgeois, un projet avec les enfants plus âgés de lʻécole. En cours on parlait de la protection de lʻenvironnement, un sujet qui nʻest pas du tout développé en Bolivie. Suite à cette présentation, on réalisait une peinture murale, pendant lʻappui scolaire, sur le sujet de la nature idéale. Bien quʻau début, le projet était un véritable chaos, je crois que jʻai passé les moments les plus beaux avec les enfants pendant ce travail. On devenait encore plus proche, et cʻétait tellement bien de voir avec quelle énergie et quelle motivation ils travaillaient pour arriver à un résultat satisfaisant.

Vers la fin, jʻai eu la possibilité de vivre encore plus de moments forts dans la communauté bolivienne. Mon contact avec ma collègue de travail sʻaméliorait et en même temps avec beaucoup de boliviens.

Lʻatmosphère était tellement bonne, avec mes colocataires et avec les autres volontaires quʻon a passé des moments inoubliables ensemble, on était comme une petite famille. Comme les derniers mois étaient vraiment intensifs, notre départ nʻétait pas facile du tout.Il faut le voir comme preuve, quʻon sʻest vraiment intégré là-bas.

Je crois que pour moi, mon adieu à lʻécole était vraiment un des moments les plus tristes de ma vie, mais en même temps aussi un des plus intensifs et beaux. Chaque élève a fait ses adieux de sa propre manière, les uns mʻont embrassé plusieurs fois, les autres ne sont même pas venus. Les mères aussi me disaient un mot et à ce moment-là, je me sentais vraiment récompensée pour mon travail. En allant à lʻaéroport, on pouvait vivre une dernière fois un problème typique bolivien: les blocades de rues. Cʻétait comme si le pays aussi voulait nous faire ses adieux.

En pensant maintenant à cette année, je suis vraiment très reconnaissante dʻavoir pu vivre une telle expérience. Je suis très reconnaissante envers les enfants. Grâce à eux, jʻai pu passer des moments vraiment uniques et inoubliables. Mais je suis aussi reconnaissante envers mes parents, mon organisation et toutes les personnes qui mʻont aidé lors de moments difficiles et ceux qui ont fait de cette année une année inoubliable. Je suis dʻavis, que cette année nʻest pas terminée, elle continue aussi au Luxembourg. Jʻai rapporté un tas de souvenirs et expériences qui font durer lʻannée dans mes pensées et qui ont aussi influencé mes opinions et réactions.

 

Gracias a todos quien lo han hecho posible y inolivdable!