La découverte du Bangladesh

Marlène

Marlène Harles a un penchant particulier pour le sous-continent indien. Elle a déjà voyagé en Inde, notamment à Calcutta, mais elle ne connaît pas encore le Bangladesh. A l'université de Heidelberg, où elle étudie l'ethnologie et l'histoire, elle entre en contact avec une ONG dans l'idée de faire un stage dans cette région lointaine. Cela tombe bien : l'ONG dispose d'un partenaire au Grand-Duché, le Friendship Luxembourg, qui accepte de l'envoyer sur le terrain. De plus, elle apprend qu'il existe un programme d'encadrement au Service National de la Jeunesse, le service volontaire de coopération. Tout s'enchaîne à merveille : après avoir pris contact avec l'ONG à Dacca, elle fait la connaissance de la directrice de Friendship Bangladesh, qui est alors de passage au Luxembourg.

En septembre 2009, elle part pour Dacca. Le dépaysement est garanti, d'autant plus qu'elle arrive pendant le ramadan et à un moment où le bureau de l'ONG à Dacca est en train de déménager. L'acclimatation se fait cependant très vite. « Le choc culturel, je l'ai eu plutôt au retour », note-t-elle avec un brin d'amusement. Pendant un mois, elle loge chez une famille avant de s'installer dans une auberge. Bien qu'habitant dans le même quartier que le bureau, elle doit compter près d'une heure de trajet. Sa découverte ne se limite pas à la capitale. A un moment donné, elle est impliquée dans un projet médical dans le nord du pays, région qui compte beaucoup d'îles. De sorte que pendant trois jours, elle a l'occasion de dormir sur un bateau. Marlène est chargée ensuite de la gestion d'un projet culturel, qui consiste à préserver de vieux bateaux pour en faire des modèles. L'une de ses tâches est de trouver des sponsors.

« Ils m'ont impressionnée »

La communication n'est pas facile : elle dispose certes de notions de bengali mais le parler de Dacca est différent de celui de Calcutta. « Je ne comprenais pas ce qu'ils disaient », avoue-t-elle son impuissance. Cette barrière linguistique ne l'empêche pas d'aller au contact des gens. « Ils m'ont impressionnée », relève-t-elle à propos du personnel local employé par l'ONG, « ils connaissent les gens et savent mieux que quiconque de quelle façon on peut les aider. » Leur engagement l'a convaincue : « Ils ont une manière innovatrice d'aborder les choses. » Une nécessité dans un pays qui ne s'occupe guère de ses habitants dont beaucoup ne disposent même pas de pièce d'identité. Elle garde aussi d'excellents souvenirs des contacts qu'elle a eus avec d'autres jeunes, venus d'horizons différents pour s’engager en tant que volontaires.

Ce séjour de quelques mois l'a transformée : « A mon retour, j'ai commencé à m'intéresser à l'art et la culture. » Elle est devenue membre active de l'ONG et a aidé à mettre sur pied une exposition à Luxembourg. Quant au fossé existant entre notre société d'abondance et celle d'un pays comme le Bangladesh, focalisé sur les besoins primaires, Marlène en tire une autre leçon : « J'ai appris à estimer la valeur des choses simples. »