L'accent social du Ghana

Thomas

Etudiant en sociologie et en anthropologie à Bruxelles, Thomas s'intéresse beaucoup à ce qui se passe dans le monde, y compris dans le domaine de la coopération au développement. On ne s'étonnera pas, dès lors, qu'il songe à effectuer un stage dans un pays lointain. Après avoir pris contact avec le Service National de la Jeunesse, il adresse plusieurs demandes dans le cadre du service volontaire de coopération, une formule idéale pour tenter l'aventure. Et ça marche : une ONG l'envoie d'abord dans un bidonville à Lima, au Pérou, où il tient des cours de langues française et anglaise et aide dans une boulangerie qui livre gratuitement du pain aux enfants. Ce premier séjour de quatre mois lui donne envie de renouveler l'expérience.

Au bout de quelques essais, il décroche une nouvelle mission de volontaire au Ghana par le biais de l'ONG de l'OGB-L, qui y soutient un projet social mis en œuvre par le Bureau international du Travail. Après avoir passé un mois au sein de l'ONG à Luxembourg, Thomas part au printemps 2010 pour une durée de quatre mois dans ce pays d'Afrique de l'Ouest. Au Ghana, il s'aperçoit que les conditions sociales sont très différentes de ce qu'il connaît en Europe : une part importante de la population ne dispose d'aucune assurance maladie. Il est donc vital de convaincre les femmes recevant de l'argent dans cette optique d'employer leur pécule pour les soins de santé. Thomas est plus spécialement chargé de contrôler et de vérifier que le projet de protection sociale est appliqué ; il a aussi pour mission de s'occuper du volet de la communication.

Savoir gérer l'inattendu

Tirant un bilan de son expérience au Ghana, Thomas avoue qu'au départ, on a une certaine vue du monde en développement mais qu'à l'arrivée, l'image sur le terrain est fort différente. Sur le plan émotionnel, il estime que ce séjour a été très intense même s'il ne cache pas qu'il est allé au devant de petites déceptions. « De manière générale, j'étais très satisfait mais j'étais déçu par rapport à mon approche anthropologique », déplore-t-il, expliquant que le contact avec les représentants des institutions publiques et des ministères n'était pas très gratifiant.

Sur le plan humain, par contre, le déplacement l'a profondément marqué. « Les gens là-bas vivent de manière plus sereine. Chez nous, la situation est différente : on a davantage tendance à se plaindre. » Thomas a d'ailleurs gardé des contacts avec des personnes qu'il a côtoyées en Afrique. De son expérience, il tire aussi comme enseignement que la coopération au développement n'est pas quelque chose qui va de soi : « En général, cela ne marche pas comme prévu ; il faut pouvoir s'adapter. On croit que l'aide qu'on apporte est une chose simple, mais elle exige en fait beaucoup d'efforts. » Il a surtout remarqué à quel point l'assurance-maladie était précieuse au Luxembourg. Tout comme il a compris que son apport au Ghana ne s'est pas effectué dans un sens, mais qu'il reposait sur un échange de savoir et de réalisations avec la population locale.