Le parfum de l'Inde

Sarah

Après avoir terminé ses études de science des médias et de littérature à Trèves, « je savais que je voulais entreprendre quelque chose avant d'aller travailler », souligne Sarah Gilbertz. Le hasard faisant bien les choses, elle découvre à la télévision un reportage présentant le service volontaire de coopération, ce qui l'incite à prendre contact avec les responsables du Service National de la Jeunesse. « Ils m'ont bien conseillée », se souvient-elle. Elle se met alors à chercher une organisation non gouvernementale soutenant des projets en Inde, un pays qui la fascine depuis longtemps déjà.

La recherche s'avère difficile, car ses demandes n'aboutissent à aucun résultat. Elle contacte aussi les Lëtzebuerger Guiden a Scouten, qui envoient de temps à autre des volontaires sur le terrain, mais ceux-ci sont devenus réticents à envoyer quelqu'un en raison d'une mauvaise expérience antérieure. Son enthousiasme est tel qu'elle parvient toutefois à les convaincre. En août 2010, elle part à Varanasi (appelée autrefois Benares), ville située au bord du Ganges dans la région de l'Uttah Pradesh, au nord de l'Inde. Elle y rejoint un centre pour enfants handicapés, qui fonctionne un peu comme un village d'enfants. « J'ai débarqué dans la réalité quotidienne chaotique de l'Inde », résume-t-elle sa première impression. En effet, la ville est sale et bruyante, et Sarah trouve que la vie sur place est éprouvante sur le plan physique. « On s'y habitue avec le temps », note-t-elle, ajoutant que la vie en Inde se passe essentiellement dehors.

Souvenir impérissable

Au centre pour enfants handicapés, on lui donne pour mission de tourner un film d'information en vue de présenter les diverses activités du centre. Elle est aussi chargée d'organiser des activités pour les enfants lors des fins de semaine. Par la suite, elle s'occupe d'un autre projet en dehors de la ville, dans un lieu plus calme que la cité grouillante. Elle aide à organiser un festival pour les vingt ans de l'organisation et écrit des articles devant paraître dans des brochures ou des bulletins d'information.

Les conditions de vie diffèrent fortement de ce qu'elle connaît au Luxembourg. En hiver, comme il n'y a pas de chauffage, il fait froid la nuit et on se lave à l'eau froide. Ce qui a surtout marqué Sarah est le sort ingrat des femmes et des filles indiennes, en particulier celles qui ont un handicap. Certains des enfants ont été carrément abandonnés par leur famille. Cette réalité lui a ouvert les yeux : « Je suis consciente à quel point je peux vivre librement chez moi. »

Ayant fait partie d'une communauté soudée, selon ses propres termes, Sarah garde un souvenir impérissable de son séjour en Inde et surtout des gens qu'elle a côtoyés. « Au début, je voulais surtout m'engager pour leur venir en aide. En fin de compte, j'ai constaté qu'ils m'ont beaucoup plus apporté. » Elle a aussi appris à être flexible, notamment parce qu'elle devait accomplir d'autres tâches au fur et à mesure de son séjour. Bref, l'Inde valait le déplacement. « C'est quelque chose que je ne n'oublierai jamais », conclut-elle d'un ton enthousiaste.