SVC en Népal

SVC en Népal

Photo : Tikka donnée par l’oncle d’un ami lors du festival Dashain (Kuttal, Kavre)

 

Je m’appelle Charlotte Godziewski et, à 22 ans, après avoir terminé mon bachelor profesionnel en diététique, j’ai voulu partir dans le cadre de l’aide au développement. Les gens du Cercle et du SNJ étaient là pour m’orienter dans la bonne direction, ce qui fort heureusement m’a permis de rencontrer Nepalimed Luxembourg asbl, et d’organiser mon voyage au Nepal avec eux. Il s’agit d’une ONG qui soutient un hôpital communautaire à Dhulikhel, à environ 30km de Kathmandu.

Avant mon arrivée, les directeurs de l’hôpital se sont posé la question: “Pourquoi une diététicienne? Cela ne sert à rien, nous mangeons tous les jours la même chose!” Et pourtant, au fil du temps, j’ai eu le plaisir et la grande fierté de voir qu’ils étaient de plus en plus enclin à déveloper un service diététique dans leur hôpital. J’ai en effet eu la chance de pouvoir lancer une nouvelle initiative. Mon travail était celui d’une diététicienne en hôpital, mais adapté aux besoins de la population népalie. Cela comprenait la sensibilisation à la dénutrition et à l’importance de son dépistage, les consultations de groupe, le travail avec la cantine, en matière d’amélioration des conditions d’hygiène mais aussi d’adaptation des menus aux besoins des patients… Il y eu aussi quelques cours de diététique donnés aux étudiants en infirmerie et en biologie humaine. Bref, le travail ne manquait pas, je n’avais pas le temps de m’ennuyer!

 

Durant ces sept mois, j’ai beaucoup appris, tant au niveau professionnel que personnel. J’ai eu la chance de faire ma première expérience dans le monde du travail dans un context totalement inhabituel, dans un hôpital certes de très haut niveau, mais néanmoins peu comparable à un hôpital luxembourgeois. Sur le plan personnel, ce fut un grand défi: je n’étais jamais sortie de l’Europe, toute seule, pour une si longue durée! C’est vraiment en se jetant à l’eau qu’on réalise soudain qu’on sait se débrouiller, qu’on n’avait juste jamais eu besoin de le faire de manière tellement inévitable auparavant. Faire des connaissances et créer des liens était tellement plus facile que je ne l’avais imaginé, cela m’a vraiment mise en confiance et m’a permis de me sentir à l’aise, entourée.

Ce fut très amusant pour moi de noter mon regard sur ce pays évoluer au fil du temps. Par contre, j’ai bien ressenti le choc culturel frapper de temps à autres. C’est vraiment quelque chose de très intéressant à vivre, le choc culturel, c’est tellement flagrant quand on le vit, et pourtant si difficile à expliquer à quelqu’un d’extérieur. Pour cela, heureusement qu’il y avait, par hasard, une autre Luxembourgeoise qui travaillait dans la même ville que moi. Un lien très fort s’est établi entre nous de manière naturelle. 

 

Lors de mon SVC, j’ai également eu l’occasion de visiter ce magnifique pays: le Terai, au sud, sa jungle, et la ville de naissance de Buddha, certaines régions de l’Himalaya lors de petits trekkings et bien d’autres endoits impressionnants. Beaucoup de festivals religieux se sont déroulés pendant mon séjour, renforçant mon immersion dans l’univers hindou.

 

Il y a vraiment beaucoup de choses à retenir de cette aventure, qui a été une expérience exceptionnelle en tant que diététicienne, mais aussi un voyage initiatique pour mon développement personnel. Un bref témoignage ne saurait résumer entièrement et avec justesse tout ce que j’ai appris en sept mois, mais, si je ne devais choisir que quatre mots-clé, ce seraient les suivants: Autonomie, adaptation, patience et tolérance.